jeudi 16 août 2018

Eté assassin .




Il gisait sur le lit mou et moite, s’enfonçant dans cette douceur malsaine avec trop de paresse pour bouger. Les volets clos sur l’intense lumière du jour laissaient passer une lueur floue dans laquelle dansaient des poussières. Quand il laissait filtrer son regard entre ses cils humides il était fasciné par la valse rapide des pales du ventilateur fixé au plafond au dessus du lit. Son ronronnement berceur lui paraissait tout à coup coupé par quelques ratés. Ouvrant plus grands les yeux avec une sourde angoisse il imaginait  sur lui la chute brutale de ce hachoir géant… Paralysé par la torpeur et une toute nouvelle angoisse il imaginait sa chair, ses os  pulvérisés, l’odeur des liquides infâmes dégoulinant sur les draps, la bouillie rougeâtre sur les murs…
Une question lui traversait l’esprit : que restait-il de lui dans cette chambre quand sa partie charnelle ne serait plus qu’un infect tartare ? En vérité pas grand-chose, en ce moment barbare il était assailli par un salmigondis de pensées fuyantes aux lignes fondues par la chaleur violente avec  des présents aux contours incertains et des passés encore plus fumeux qu’un mirage saharien…
Enfin il parait que le passé conditionne le présent, alors…
---Le premier souvenir était à ce point récurrent qu’il se demandait si, à force de remémorations dans des circonstances diverses, il avait encore quelque chose d’authentique. Pour le principal, oui, sans doute. Il se voyait, recroquevillé dans un coin de la cuisine, sur les carreaux bleus et blancs si froids que ses genoux tremblaient, ou peut être était ce de peur. Très grands, là haut, son père et sa mère se faisaient face. Son père poing levé hurlait, tout rouge, avec de grosses veines sur le visage. Maman pleurait, un œil fermé qui virait au violet. Lui, tout petit, impuissant pleurait aussi, les supplications qu’il croyait adresser à son père restaient coincées dans sa gorge tétanisée. Cela avait duré une éternité. Au fil des ans cette scène se reproduisait régulièrement sous ses yeux effarés. La haine que lui inspirait son père grandissait au fil des années ainsi que la pitié pour sa mère, pitié teintée de mépris : comment pouvait-elle se laisser maltraiter ainsi ? Lui, paradoxalement, se réfugiait à l’école, à l’église… on le  citait comme l’élève modèle : « Ange est tellement sérieux et appliqué", répétait la Directrice et, sur le ton de la confidence, levant les yeux au ciel, "pourtant dans son milieu"… ». Oui, son père l’avait fait baptiser Ange en souvenir d’un lointain ancêtre sicilien. Quand Monsieur le curé le prenait sur ses genoux il disait : «  Mon Ange » en le caressant. Il haïssait la directrice comme le curé. Même le « Bon Dieu » ne parvenait pas à pénétrer dans son cœur fossilisé.
--Le second souvenir marquant c’est le jour de sa Communion Solennelle que ses parents avaient décidé de fêter par un repas avec parrain et marraine. C’était presque un repas normal. Cette hypocrisie criminelle lui soulevait le cœur. Il savait, jour de fête ou pas, comment s’achèverait la journée, invités partis, entre sa mère résignée et son père aviné. A propos, ce dernier se levait de table, claironnant : « Je vais chercher une autre bonne bouteille à la cave ». Ange le suivit discrètement et le poussa de toutes ses forces du haut de l’escalier de pierre. Puis il dévala les marches et s’assura que son père, étalé dans une flaque de sang ne bougeait plus avant de crier au malheur. La mère pleurait à gros sanglots. Le soir même Ange quittait la maison.  Pour  cette famille chrétienne, quelle journée et quel horrible drame commentait-on dans le village, à l’école, à l’église…
--Le troisième souvenir, après quelques années de galère, c’est la rencontre avec Luciano Manfredi. Près de ce Capo reconnu et respecté de la pègre internationale Ange avait trouvé sa vraie famille. Dévoué corps et âme à Luciano qui malgré son jeune âge l’avait intégré parmi ses proches. Ange à défaut d’être heureux (il ne savait pas vraiment ce que c’était) avait trouvé là un équilibre appréciable …
La  sonnerie du réveil fit vibrer l’air gluant. Ange récupéra en une seconde son long corps athlétique et se précipita sous une douche froide. Il rasait sa barbe, encore légère, et le miroir lui renvoyait l’image d’un jeune visage aux traits harmonieux et sereins.
De retour dans sa chambre il relut encore une fois les documents relatifs au client du jour, l’ayant pisté ces dernières heures il n’avait plus besoin de voir la photo jointe. Une bonne tête le type. Comme pour tous les autres contrats auparavant, Ange ne s’attarda pas sur le cliché qu’il brûla avec le reste des papiers dans le lavabo de cette chambre anonyme qu’il ne reverrait plus.
Ange prit sa mallette avec son arme qu’il avait vérifiée la veille. Comme toujours il était parfaitement calme, il ferait son travail proprement et Luciano reconnaîtrait en lui, une fois de plus, le meilleur de ses effaceurs.

dimanche 12 août 2018

Scrabble, suite

Mots relevés:
picon-crêve-momies-hideux-quelles-généreux-riz-figue-jeune-abhorrer-vus-amont-beurre-




Après une long jeune Louis bavait d’envie à l’idée d’un repas généreux avec ces plats riches en beurre comme il en avait vus et sentis chez Bocuse. Sa diététicienne l’avait nourri, si l’on peut dire, exclusivement, de ce riz blanc qu’il abhorrait. Il crevait littéralement de faim.
 En amont de cette frugale croisière Louis était un bon vivant et quelles que soient les conjonctures de sa vie aventureuse il se délectait à l’apéritif, midi et soir, d’un grand verre de Picon. Bien sûr la diététicienne lui avait interdit cette joyeuse habitude. Pauvre, pauvre Louis quand il se regardait dans la glace il ne reconnaissait plus ses aimables rondeurs dans cette image d’une hideuse momie desséchée. Il  avait les larmes aux yeux à la vue de son visage, jadis poupinmaintenant réduit et ridé comme une figue tapée !

samedi 11 août 2018

Pour Claude, penseur Dé-bridé :

10 citations de penseurs chinois :
« ne te compare jamais à quiconque ; ne te sous-estime pas ; ne te surestime pas
« la vie n’est qu’un rêve que nous traversons tous ; on ne se sent chez soi que là où nous attendent paix et réconfort
« chaque année revoit l’éclosion des fleurs ; mais jeunesse enfuie jamais ne revient
« les hommes peuvent apprendre ensemble mais suivre des chemins divers ; suivre une même voie mais atteindre des statuts divers ; être solidaires mais avoir des aspirations et des jugements divers
« le monde entier m’encense…Je ne ferai pas d’efforts ; le monde entier me dénigre…Je ne me laisserai pas abattre
« l’être dénué d’attention regarde sans voir, écoute sans entendre, mange sans savourer ; l’esprit se doit d’aiguiser les sens pour qu’un tel étourdi puisse se concentrer
« les hommes vivent librement dans le monde ; mais ils s’encombrent de fardeaux et de soucis. Quand tu auras saisi le véritable sens de la liberté, tu monteras bien plus haut que tous, hommes ou animaux, dans la pleine jouissance des lois de la nature
« bonté, frugalité, modestie :
parce que je suis bon, j’ai du courage ; parce que je suis frugal, je peux être généreux ; parce que je suis modeste, je peux être un guide
« ne cherche pas querelle au monde entier pour des questions de gain ou de perte ; ne laisse pas les futilités de la vie décider des hauts et des bas de ton existence
« quand un événement se présente, affronte-le de ton mieux ; quand il prend fin, lâche prise, reste calme ; ne te perds pas en interrogations sur ce que le passé aurait pu être ou non"

vendredi 10 août 2018

mercredi 8 août 2018

Il y a quelques mois...




..Je m’émerveillais de l'invention de l'imprimante 3D et des applications fabuleuses qu'elle permettrait. Pauvre innocente, je ne pouvais imaginer ce qu'en feraient certains détraqués made in USA ! Un criminel-génie a fabriqué  ainsi un pistolet en plastique. L'objet fonctionne comme une arme réelle. De plus il ne possède pas de numéro de série, ne sonne pas aux détecteurs de métaux, il est potentiellement in traçable !!!! Son fondateur avait déclaré qu'il avait déjà publié les plans sur internet ! Comble de l'horreur fin juin le Gouvernement Fédéral avait autorisé Défense Distributed à les mettre en ligne!
La Cour Suprême interpellée par des  citoyens sensés devrait se prononcer le 10 Août .

RESTONS VIGILANTS

lundi 6 août 2018

R- Août ! C'est la teuf...

Vole joli moustique,
En musique vers ton pique nique,
Les douces peaux tu niques,
Minuscule insecticule
 Au pédoncule,
Assassin.

Vole le sang du pauvre hère,
Viole le calme de son aire,
La citronnelle crie vengeance
Sale engeance !
Je rêve en suçant mon ice cream
De crimes...