vendredi 18 août 2017

jeudi 17 août 2017

Préserve à tifs


                                       On s'étonne de la progression de la maladie...

mercredi 16 août 2017

Août à l'eau.

 
                                                                Rue "Maison borgne"

                                                   
                                                         Rue "Sucette à la menthe"

samedi 12 août 2017

mercredi 9 août 2017

dimanche 6 août 2017

"On va gagner, on va gagner " !!!



30.000.000 d'euros/an, certains se sont amusés (rire jaune) à calculer avec cette somme combien on pourrait rémunérer de smicards et de chercheurs ( bac+17) ...
C'est vrai que pour un émir c'est juste le placement de quelques mois d'argent de poche .
A vomir .
Là où on croit rêver c'est d'assister à la liesse qui accompagne le transfert triomphal du gamin au P.S.G.
Ils avaient tout compris les romains avec les jeux du cirque ! Qui, hier, parmi les joyeux braillards en maillot  10, pensait à la réforme du code du Travail ?
Allez, soyons positifs et profitons du cadeau.
Espérons qu'autour de ce joueur à l'inconscience ambitieuse se développe un climat à son image, fédérateur et dynamique. Amen.


samedi 5 août 2017

Le salut...

 


                                                 ...qui fait peur .

Tout est dans le menton...


...Chez Trump comme chez Mussolini




mercredi 2 août 2017

Alelluia fin.


Les persiennes de l’évêché sont fermées et le soleil passe par rais lumineux qui scintillent sur le parquet de chêne parfumé à la cire d’abeille. De temps en temps la brise joue dans les branches du grand cèdre et le parallélisme des rayures se brouille sous le regard pensif de l’abbé Damien. Que répondre à Monseigneur toujours si bien informé et aux décisions pleines de sagesse ?
- Bien sur que le père Gabriel est aimé de ses paroissiens mais il ne devrait être qu’un  moyen de faire connaitre le Seigneur sans mettre en avant sa personne.
- Monseigneur il parait que l’église est pleine tous les dimanches, et les habitants du village n’ont qu’à se louer du dévouement du père en toute circonstance, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit il visite malades et personnes âgées plaide l'abbé Damien.
- Enfin, l’abbé, soyons raisonnables, qu’est que c’est que cette manifestation bruyante, indécente, après un exploit sportif remporté par un ecclésiastique ? A-t-il eu la modestie qui s’imposait ?
- Savez-vous, qu’on m’a rapporté que sa servante n’a pas l’âge canonique et, que vient faire en la matière, une décision municipale « d’arrangement »… Où allons nous ?
 Non, l’abbé je ne peux vous suivre dans votre généreuse défense, je dois sévir immédiatement. Puisque Gabriel aime tant le vélo, nous allons l’envoyer dans le Nord… il aura pour ses loisirs l’enfer des pavés à sa disposition. Vous allez l’abbé, prendre quelques courriers. Que ma décision soit immédiatement appliquée.
 J’irai, dans quelques temps, faire une visite à Carebac pour calmer les esprits, j’en profiterai pour pousser jusqu’à Rejenac. On m’a parlé d’une affaire de pédophilie, évidemment c’est moins grave que l’affaire Gabriel, mais il est de mon devoir de calmer les plaignants et prévenir un possible scandale.
Le père Gabriel, son beau visage gris de chagrin, à été accompagné à la gare par une délégation de ses ouailles, certaines en larmes. Madeleine était absente.
Ce matin radieux, dans une aube lumineuse égayée du pépiement des oiseaux, Fernand à décidé de traquer le braconnier du coté du moulin. Il glisse sans bruit dans les herbes mouillées de la rive et baisse la tête en passant sous les branches basses du grand saule.
- Mon Dieu ! Fernand aperçoit un corps dans l’eau entre les feuillages. Mais c’est Madeleine dont les longs cheveux dénoués ondulent dans le courant !
Vite alertés Anatole, Ernest, Émile et les autres sortent le corps de l’eau et l’étendent sur la prairie. Les yeux grands ouverts de Madeleine reflètent le bleu du ciel, sa robe de coton léger colle à ses formes harmonieuses.
Béret à la main, les hommes ont le visage grave.
- Putain de putain, qu’elle était belle et on ne le savait pas…



mardi 1 août 2017

Alelluia chap 4


Jour après jour tout le village se mobilisa, faisant bloc autour du projet, la cure débordait de denrées, des équipements dernier cri amenés par M. Maubert. Il faut dire que dès le premier jour  père Gabriel s’était révélé être un sportif exceptionnel et même les plus chenus du village échangeaient des recettes trouvées sur « L’Équipe » et se rappelaient le pourquoi, des vainqueurs du tour de France ! Même les femmes se passionnaient. La femme de Firmin avait « emprunté » chez son dentiste, à Condom, une revue de diététique et commandait dans une maison spécialisée des  produits « compléments alimentaires non dopants ».
Madeleine avait été priée de déguerpir par l’héritier de la ferme de la vielle dame, un pharmacien cossu d’Auch ,qui lui avait à peine laissé le temps de faire ses légers bagages. Au cas où cela ferait problème le conseil municipal donna sa bénédiction laïque, en assemblée exceptionnelle, à l’installation de Madeleine auprès de Monsieur le Curé. Elle en était si heureuse, vivant près de Mamadou-père Gabriel dans une joyeuse entente fraternelle. Elle pouvait enfin ouvrir son cœur, ils se sentaient tous deux chaque jour plus proches. En tout bien tout honneur !
Le village soudé dans ce même projet n’avait jamais été si joyeux. Les jeudis quand le père Gabriel bouclait ses 80 ou 100 kms il y avait pour l’encourager même des gens des villages voisins jusque là assez peu solidaires. Le père Gabriel était devenu la coqueluche des enfants, auxquels il racontait comment on nourrissait les crocodiles gardiens du palais présidentiel. Il avait appris à jouer aux quilles de neuf où chacun le voulait comme partenaire, et quand il pleuvait il initiait, qui voulait, aux mystères du boulier de l’awalé.
Le dimanche l’église fleurie était pleine comme jamais. Parmi les plus réfractaires, Ernest reconnaissait se trouver meilleur à la fin de l’office « où, ma foi, on apprenait plein de choses intéressantes » !
L’automne passa ainsi, puis l’hiver, et le printemps arriva et mai dans un délire de soleil, de tournesols et de cerises juteuses. A Auch le trente mai il y avait une quarantaine de participants au « contre la montre ». Gabriel n’en fit qu’une bouchée. Certains découragés ne se présentèrent même pas le lendemain et Gabriel gagna la course en ligne et le championnat avec une avance historique !
Le retour  à Carebac fut homérique et le vainqueur porté en triomphe et bruyamment célébré.

Alelluia chap 3


- Hep, Madeleine viens par ici !
L’addition des apéritifs, du vin au repas et son tempérament sanguin font rutiler la trogne suante de Fernand sur le pas du Café des Amis :
- N’aie pas peur, grande bête, on veut juste t’offrir le café. Madeleine fait taire sa méfiance, elle est moins que jamais en position de s’imposer auprès des carebasais. Les coudes écrasés sur la toile cirée à carreaux ornée de larges cercles vineux, il y a là, Ernest le boucher, Emile le facteur et Anatole, le fermier des « Châtaigniers », Fernand garde-chasse est le seul auprès d’eux qui a du galon et l’autorité qui va avec.
- Dis donc tu es passée bien fière ce matin, même pas répondu à mon bonjour, râle Anatole, mais t’inquiète, on est pas là pour te gronder mais pour discuter. Il est comment le curé, à part d’être noir?  Ernest s’étouffe de rire en secouant ses doubles mentons.
- Il est très sympathique et ne demande qu’à s’intégrer.
- Bien. Alors écoutez intime Fernand. Je l’ai vu en survet et contre le mur de la cure il y avait un chouette vélo.
- Et alors, je savais pas que tu étais de la pédale !
- Quel couillon cet Anatole ! Si vous saviez lire vous sauriez que le 1er juin prochain c’est cette année à Auch qu’aura lieu le championnat de France cycliste du clergé. On y inscrit notre curaillon en lui promettant de le nourrir, l’aider et d’aller le dimanche à la messe. Oui, je sais c’est du chantage et pour nous un putain de sacrifice mais y faut ce qui faut ! Vous avez vu le"poulet" ? C’est pas une grenouille de sacristie et j’ai pensé à Emile qui court les critériums régionaux, pour l’entraîner. Vous imaginez les retombées sur Carebac s’il gagnait !!!
Madeleine ahurie contemple ces têtes obtuses si peu entraînées à penser, yeux et bouche grands ouverts. Un peu de bave coule sur le marcel crasseux d’Anatole.
- Toi, petite il t’a à la bonne, il t’écoutera si tu lui expliques qu’en plus on a décidé que tu serais sa servante, puisque tu n’as plus d’emploi, et que tu pourrais t’occuper de son ménage, linge, cuisine, en fait il serait traité comme un type qui va aux jeux Olympiques. Attends ...y'a aussi M. Maubert de « Chasse, pêche et nature » qui trouverait bien un peu d’oseille dans son parti pour sponsoriser le truc. C’est pas bien pensé ça ? Madeleine n’ose pas montrer combien elle est ravie par le plan de ces guignols :
- Et le père Gabriel il y gagnerait quoi ?
- Quoi ??? Mais être le champion du village dès avant la course, rameuter du monde à la messe et vivre comme un nabab et toi avoir un boulot pépère et bien nourri.
C’est ainsi que dès le lendemain à potron-minet et messe dite, Emile et le père Gabriel partent pour le premier entraînement pendant que Madeleine fraîche et joyeuse prépare un repas  spécial  athlète .

lundi 31 juillet 2017

Alelluia chap 2


A côté de Madeleine, Justine et Séverine toutes rouges sous leur fichu reprennent leurs esprits et chuchotent avec hargne :
- Mais quelle honte, ce n’est pas possible,
- Ces sauvages que nous sommes allés coloniser qui nous envoient un des leurs comme pasteur !
- Qu’avons-nous fait pour que l’évêché nous punisse ainsi ?
Un sourd murmure court dans les travées.
- Il sait au moins dire la messe ce sauvage? Moi je ne veux pas qu’il m’approche, nous allons porter plainte.
- Il parle français et le sermon n’est pas mal mais est-ce qu’il pense comme nous ?
Madeleine tente un « Chut ! » d’apaisement. Il est bien discret, pourtant les « fidèles » se taisent et Madeleine reçoit en plein cœur le regard reconnaissant du prêtre.
Le moment de la communion est un désastre, les enfants du catéchisme s’avancent en traînant les pieds, suivis de Yolande l’aveugle et de sa mère quasi centenaire ; Madeleine clôt la file.
C’est vrai que c’est curieux cette main si noire à la paume rose qui tient l’habituelle hostie mais la bénédiction est dite à voix très douce et Madeleine se sent apaisée comme les autres dimanches.
Les modestes vitraux laissent passer une lumière colorée qui accompagne Madeleine à la sortie de l’église sur le parvis. Les ouailles se sont déjà dispersées et c’est du bistrot, refuge des bouffeurs de curé, que montent plaisanteries et rires gras.
Au soleil tacheté par les platanes les joueurs de boules tirent, pointent, mesurent comme si leur vie en dépendait. Ils ne lèvent pas la tête au passage de Madeleine, silhouette discrète et sans surprise.
Les boules se heurtent dans un cliquetis métallique qui fait fuir les moineaux qui picorent sur le trottoir de l’Hôtel du Commerce.
 Je ne peux pas rentrer chez moi comme si de rien n’était .
Madeleine rebrousse chemin, il faut que je réconforte ce malheureux prêtre.
La porte de la sacristie est ouverte et le prêtre affublé d’un survêtement, assis, dos arrondi, regardant ses longues mains posées sur ses genoux, est immobile.
- Je peux entrer Monsieur le curé ?
Le prêtre se lève d’un bond. Qu’il est grand !
- C’est vraiment gentil de me rendre visite, et, dans un sourire éblouissant, je ne suis pas particulièrement heureux après cette première messe. Il est touchant ce grand gaillard dans son désarroi ;
- Croyez, Monsieur l’abbé…
- Dites « mon père »…
- Ils ne sont pas méchants les gens de Carebac, seulement ils ne sont guère sortis du village et ont été ahuris ce matin.
- Pourtant, vous mon enfant, vous n’avez manifesté ni hostilité ni étonnement. Le cœur de Madeleine s’emballe. Cela peut paraître incroyable mais personne ne l’a appelée mon enfant avec tant de douceur, Madeleine vouée dès le plus jeune âge à la DDAS et à une suite chaotique et sans tendresse de familles d’accueil.
- Je suis compréhensif, d’autant que vous avez raison ils sont « bien braves » comme vous dites, on m’a laissé un poulet pour le déjeuner. Vous êtes seule ce midi ? Pouvez vous le partager avec moi ?
Aussi rapidement que celui d’un enfant, le visage du prêtre est passé de la tristesse à la gaieté. Un courage extravagant chez elle, pousse la timide Madeleine à accepter.
Dans la minuscule cuisine de la cure
-Appelez-moi Mamadou, le prêtre a ouvert le poulet en deux avant de le placer dans le four.  J’aurais aimé vous le faire Atéké comme chez moi à Bouaké-Bouaké, Côte d’Ivoire. En fait je suis le père Gabriel, mais, ici, Madeleine, le temps du festin dites Mamadou. C’est un pêché peut-être que de me confier ainsi à vous mais vous êtes si gentille et j’ai le mal du pays. Vraiment, est-ce que je vous ennuie ?
Madeleine secoue la tête en mettant le modeste couvert. Étonnée et ravie de tant de confiance spontanée ; ce n’est pas le genre dans ce pays de ruraux méfiants.
- A Bouaké il fait chaud, il y a de la musique partout et les gens se satisfont de peu. Je travaillais bien à l’école primaire et le maître m’a fait entrer au séminaire d’Abidjan, vous connaissez ce grand port sur la lagune où notre ancien président a fait construire par un célèbre architecte italien une cathédrale qui ressemble à un immense éléphant ?
- Ce n’est pas très… catholique.
- Madeleine, vous avez mis le doigt sur la complexité de mes concitoyens animistes. Ils mélangent un peu  les croyances, mais il y a tant de chaleur dans leur foi. Ils ont surtout retenu le message d’amour du prochain qui convient bien à leurs habitudes de solidarité et leurs rites sont joyeux. Je voudrais que vous voyiez l’entrée dans l’église des jeunes filles vêtues d’un même boubou coloré et portant sur la tête des corbeilles de fruits, elles chantent à pleine voix les cantiques sur le rythme donné par l’assistance qui tape dans les mains… Pardonnez moi, Madeleine, parlez moi de vous.
- Oh, Mamadou, elle sourit timidement de son audace payée en retour par le sourire ravi du père Gabriel, il n’y a rien à dire, je vis seule depuis que la vieille dame dont je m’occupais est décédée je dois prendre une décision difficile. Celle du moment est que je dois vous laisser au plus vite avant que les commères jasent ! Merci pour l’accueil et le poulet, à bientôt mon père.