mardi 19 février 2019


Deux prêtres catholiques discutent en marchant dans le jardin :

- Crois-tu que nous verrons un jour le mariage des prêtres ?

- Nous peut-être pas, mais nos enfants sûrement

vendredi 15 février 2019

mercredi 13 février 2019

Conversation-37-avec Cora.




-Je t’entends mon amie, ouvre la porte, entre, excuse moi je  suis bloquée dans mon fauteuil.
- Voilà, voilà, je suis là, je cours vous embrasser. Cora je suis désolée il y a trop longtemps que je ne vous ai pas rendu visite.
- Tant  pis pour toi, petite, tu vas me trouver bien changée. Tourne-toi vers la lumière que je me régale de ta jeunesse et de ta beauté.
-Allons, changée non, mais soucieuse c’est évident. Votre santé ?
- Non, elle est suffisante pour ce qu’il me reste à faire, c’est celle du monde qui me préoccupe.
- Les mouvements sociaux, les gilets jaunes ?
- Surtout pas. Je me réjouis de toutes ces paroles libérées. Je souhaite de tout cœur qu’épurées des excès et des violences elles amènent plus de justice sociale. Ce qui m’a réellement effrayée c’est une inscription sur la vitrine d’un magasin. On n’est plus étonné de lire dans des lieux  publics des injures raciales, homophobes ou autres laissées là, comme avant tout, des témoignages de  la méchanceté et de la bêtise de leurs auteurs. Mais ce qui m’a fait froid dans le dos c’est de lire ce mot « Juden », en allemand et si bien calligraphié. Ce n’est pas un tag ordinaire mais une froide injure terrible rappel des horreurs passées. J’ai immédiatement pensé à mon ami Colette honteusement affublée de l’étoile jaune assise à mes côtés sur un banc de l’école primaire nos camarades pétrifiées la regardant comme une étrangère, aux portes amies sur lesquelles était inscrit « Juden »... Vers la fin de l’occupation  les troupes n’étaient plus composées que de d’adolescents et de vieillards. Armée en déroute vêtue d’uniformes vert de gris en tissu grossier et de bottes informes. Excités par l’odeur de ces accoutrements les chiens aboyaient sur les talons, mon Bobby en particulier montrait ses dents. Un jour, sous nos quolibets, un soldat l’avait poursuivi en vain, révolver au poing. Chaque jour la Résistance se renforçait, progressait de jour en jour... Tout cela pour t’expliquer que nous n’avions plus peur de cette armée de fantoches en déroute. Jusqu’au jour où dans nos campagnes quelques informations filtraient concernant l’abominable sort fait aux juifs. Le pire avait donc eu lieu. Et maintenant ce rappel …Qui a osé ?
- Oh, Cora je n’avais pas fait attention !
- Vous les jeunes vous avez le pouvoir de lutter pour la liberté, la démocratie, agissez, ne soyez pas aveugles.
- Je suis désolée de devoir vous laisser seule avec ces préoccupations.
- Ne t’inquiète pas mon grand âge m’exonère de toute responsabilité. Par ailleurs je ne suis jamais seule, si mon corps impotent git dans ce fauteuil, mon esprit est avec  ceux que j’aime. Il se pose sur les fleurs du camélia, joue entre les branches de l’olivier d’où il s’élève jusqu’au bleu dans la chaleur des ascendances et puise toute la tendresse du monde dans les yeux du chien.

mardi 12 février 2019

La langue française est riche ou était !

" Dommage que beaucoup de ces verbes soient tombés dans l’oubli !
Le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, l'hirondelle gazouille , la colombe roucoule et le pinson ramage Les moineaux piaillent, le faisan et l'oie criaillent quand le dindon glousse . La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse Et le chat miaule , mais le tigre feule l'éléphant barrit , l'âne braie , mais le cerf rait Le mouton bêle évidemment et bourdonne l'abeille La biche brame quand le loup hurle.
 Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ? Que si le canard nasille , les canards nasillardent ! Que le bouc ou la chèvre chevrote Que le hibou hulule mais que la chouette, elle chuinte. Que le paon braille, que l'aigle trompète.
Sais-tu ? Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit. Tu sais tout cela ? Bien.
 Mais sais-tu ? Que l'alouette grisolle, Tu ne le savais pas. Et, peut-être, ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse. C'est excusable ! Ou que le sanglier grommelle , que le chameau blatère Et que c'est à cause du chameau que l'on déblatère ! Tu ne sais pas non plus peut-être que la huppe pupule Et je ne sais pas non plus si on l'appelle en Limousin la pépue parce qu'elle pupule ou parce qu'elle fait son nid avec de la chose qui pue. Qu'importe ! Mais c'est joli : la huppe pupule !
 Et encore sais-tu ? que la souris, la petite souris grise : devine ? La petite souris grise chicote ! Oui ! Avoue qu'il serait dommage d'ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir que le geai, cajole !"