samedi 15 juin 2019

"Inclusive vous avez dit "inclusive"....





"Depuis quelques temps, une mode insupportable met en péril notre belle langue française : l’écriture inclusive.

Si ce nom ne vous dit rien, vous y avez forcément été confronté sans le savoir : dans la presse, les médias, les tracts, les affiches… L’écriture inclusive s’infiltre, prospère et massacre à petit feu la langue de Molière…

Le concept ?

- Accoler en fin de mot, entre des points, des suffixes féminins : « les assistant.te.s », « les auteur.trice.s » – pour rappeler aux lecteurs que les femmes peuvent elles aussi être assistantes ou écrire des livres !

- Changer les règles d’accords : « Roméo et Juliette sont belles » – pour contrer la formule grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin » …

- Créer des barbarismes qui font saigner les yeux, juste pour féminiser inutilement des concepts : « rendre femmage » au lieu de « rendre hommage », « les journées du Matrimoine » au lieu de « Patrimoine »…

… et je vous en passe des plus belles !

Soi-disant pour mieux représenter les femmes et défendre l’égalité des sexes…

Oui, vous avez bien lu : selon les ayatollahs de l’écriture inclusive, détruire notre langue en écrivant des textes illisibles permettrait de défendre la cause féminine !!!
On marche sur la tête…

Pour stopper ce massacre organisé, de nombreux linguistes, philosophes, professeurs ont tiré la sonnette d’alarme en dénonçant les dangers de cette pratique insupportable, qui en plus de dénaturer notre langue, notre culture et notre patrimoine commun, dessert considérablement la cause qu’elle prétend défendre... en transformant les femmes en précieuses ridicules de Molière.
Des milliers de citoyens, amoureux de la langue française se sont également mobilisés en bloc derrière la pétition « Ne laissons pas l’écriture inclusive détruire notre langue ! » lancée par Caroline sur Citizaction, et qui demande aux responsables politiques d’agir sans tarder pour défendre notre langue et proscrire l’écriture inclusive…

Mais pourtant, malgré les alertes répétées des experts et la mobilisation citoyenne, l’écriture inclusive gagne du terrain

… car en face, la pression des pro-écriture inclusive est tellement forte qu’elle atteint même les plus hauts sommets de l’Etat

Preuve en est : en février dernier, forcé de se positionner sur le sujet après être resté trop silencieux, le gouvernement a voté une circulaire qui interdit l’usage de l’écriture inclusive dans les textes officiels et administratifs…

Mais aussitôt, des associations se sont empressées de porter plainte contre l’Etat pour annuler cette circulaire

Résultat : pour ne vexer personne et être le plus consensuels possibles, certains parlementaires continuent lâchement d’écrire des communiqués et de déposer des propositions de loi rédigées en écriture inclusive"…

                       Mes meilleurs femmages pour un joyeux weekend !


mercredi 12 juin 2019

samedi 8 juin 2019

Destin







 Jean-Vincent d'Abbadie baron de Saint- Castin.
Grand Sachem des Pentagouets.



 
                                                                   Charles Norman Shay vétéran d'Omaha Beach.


Jean-Vincent d'Abbadie baron de Saint- Castin (1652-1707) comme beaucoup de pauvres cadets du Béarn était "parti aux Amériques". Il s'était illustré dans des batailles contre les Iroquois pour... finalement épouser la fille du grand chef de la tribu Penobscot en 1678.
Plus tard Jean-Vincent d'Abbadie de Saint Castin devint le Grand Sachem des Pentagouets.
Son descendant direct, Charles- Norman Shay, 95 ans est né dans une réserve, fils d’une militante pour les droits de son peuple, enrôlé en 1943. Il dut attendre 1954 pour avoir le droit de vote dans son état du Maine! Puis il va s'engager comme infirmier dans l'armée. Il épousera une Autrichienne et passera sa vie entre l'Autriche et la réserve Pentagouet
Il est le dernier survivant des Amérindiens qui avaient débarqué à Omaha Beach le 6 Juin 1944. Sa conduite héroïque  alors qu'il n'avait que 19 ans a été évoquée lors des cérémonies de la commémoration.
 Ces dernières années en particulier il fera de nombreux séjours en Béarn, à Saint-Castin, sur les terres de son ancêtre, le baron .

vendredi 7 juin 2019

Un weekend...

                              

                                               ... de pêche au cormoran en Chine

jeudi 6 juin 2019

mardi 4 juin 2019

THEREMINE

 
 Selon Wikipedia, le thérémine (theremine ou theremin est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1919 par le Russe Lev Sergueïevitch Termen, connu sous le nom de " Léon Theremin ").
Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, l'instrument a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste.
Dans sa version la plus répandue, la main droite commande la hauteur de la note (de aigu à grave), en faisant varier sa distance à l’antenne verticale.
L’antenne horizontale, en forme de boucle, est utilisée pour faire varier le volume du son selon sa distance à la main gauche.
Et cela donne cela, ce morceau de la musique extraordinaire d'Ennio Morricone
" Il était une fois dans l'Ouest "
joué sur un thérémine par Katica Illenyi :
Cliquez sur le lien ci-dessous :



dimanche 2 juin 2019

Cet homme que j'aimais...

...est parti cette nuit.

Le lire, l'entendre, un vrai régal.
Ce philosophe qui prônait les sciences, les rencontres et la mer nous enseignait avec  délicatesse à la manière d'un remue méninges ludique. Il nous donnait l"impression d'être plus instruits, plus intelligents...
Il inventait pour nous des néologismes éclairants de "l'adulescent' à la Petite Poucette.
Avant tout, ultime preuve de sa rare intelligence, malgré la reconnaissance et les honneurs, il s'effaçait toujours derrière son propos dans une grande simplicité.
Il y avait dans son regard bienveillant  et dans son phrasé chantant toute la malice gasconne.
La mort a été douce et lui a offert de s'en aller  aussi élégamment qu'il avait vécu.

J'aimerais imaginer comme dans" l'Odyssée de l'Espace" le scénario d'une réincarnation  qui assurerait la continuité d'un esprit aussi admirable.

Reposez en paix, Monsieur.

mercredi 29 mai 2019

Visite à tante Adèle.



                                                                         I
Comme tous les ans c’est la corvée du dimanche de Rameaux, l’inévitable visite à tante Adèle.
Les enfants ont rechigné pour m’accompagner et  je les comprends très bien. Conduire m’ennuie ,je pense que j’aurais pu employer ce dimanche à marcher dans la campagne. Dans la voiture, derrière moi, Lucie froisse les feuilles du bouquet de laurier sensé protéger tante Adèle. Je n’ai pas eu le temps de le faire bénir, peu importe pourvu qu’elle y croie. Jules pleurniche  dans son doudou, à six ans cela devient ridicule cet attachement à un bout de foulard, sucé, effiloché et qui pue. Tante Adèle habite seule une espèce de vieille baraque couverte d’une vigne-vierge anémique  qui, en plus, assombrit les pièces au fouillis innommable. Pauvre femme, comme elle a vieilli depuis l’an dernier ! Les enfants refusent de l’embrasser, impressionnées par les poils rêches qui ornent son menton. Ses joues toutes plissées tremblotent quand elle mange sa part de tarte aux fraises. Cette tarte que je partage au bord de la nausée est sans doute le reste d’un cadeau de la semaine dernière que lui aura fait quelque voisine, tant elle est aigre, la tarte bien sûr mais je ne pense pas me tromper en pensant que la voisine l’est aussi.
Dans l’air raréfié flotte une odeur de soupe au chou matinée de relents dont je comprends la source en buttant contre un chat obèse tout pelé dont le  ronron rappelle une crécelle désaccordée.
Les enfants se sont enfuis dans le jardinet broussailleux ou agonisent quelques rosiers sauvages. Assise dans un fauteuil bancal je dois faire semblant d’écouter le radotage de la vieille. J’avais espéré en vain qu’elle ne sortirait pas la boîte en fer  de galettes bretonnes qui contient ses photos. Elle ne m’épargne  rien surtout pas le cliché où j’apparais, adolescente à gros genoux la tenant par le bras d’un air stupide. Le temps se traîne, ma montre reluquée sans arrêt m’indique que je dois être encore patiente. Adèle, petite silhouette tordue me demande de la suivre dans sa chambre. Je retrouve sur le hideux papier fleuri toute cette galerie de portraits d’ancêtres dont certains soldats, armés jusqu’aux dents aux gueules impossibles. Sur la commode en bois fatigué qui a bien trois cents ans, elle prend une  bourse en velours râpé, en tire une broche, un camée démodé, la pose dans ma main avec un large sourire de sa bouche édentée. Je fourre cette horreur dans ma poche et sans remercier j’appelle les enfants ravis de reprendre la route.
                                                                             II
Comme tous les ans, le dimanche de Rameaux je cède à la sympathique coutume de rendre visite à tante Adèle.
Les enfants sont ravis de m’accompagner,  je les comprends très bien. La route est agréable  et je ne regrette pas  mon footing dominical habituel. Dans la voiture, derrière moi, Lucie tient précautionneusement le bouquet de laurier qui protégera tante Adèle. Je suis allée le faire bénir spécialement, respectant la foi profonde qui anime ma chère parente. Jules rit en suçotant son doudou, c’est trop mignon comme à six ans il est encore attaché à ce foulard de soie qui a beaucoup vécu et garde encore un peu de mon parfum.
Tante Adèle habite seule un ravissant cottage recouvert à l’anglaise d’une antique vigne-vierge qui projette une ombre agréable dans les pièces joliment meublées. Quelle femme étonnante, elle n’a absolument pas changé depuis l’an dernier !  Les enfants lui sautent au cou, embrassant sa peau encore veloutée. Son visage toujours ferme sourit pendant qu’elle mange sa part de tarte aux fraises. Cette tarte que je partage avec délice lui a sans doute été offerte par une de ses voisines, elle est vraiment bonne, la tarte bien sûr mais sans nul doute, la voisine aussi.
L’atmosphère est parfumée par l’odeur reconnaissable de la lavande que ma tante diffuse même dans le pelage soyeux de son beau matou angora qui  ronronne harmonieusement sous mes caresses.
Les  enfants sont allés courir dans le jardinet plein de charme où,  dans un désordre artistique, les rosiers reverdissent. Confortablement installée dans un fauteuil j’écoute avec plaisir le babil charmant de ma tante. Je suis heureuse qu’elle ressorte la boîte ancienne qui contient ses photos. Je les regarde toutes avec jubilation en particulier celle où, gracieuse adolescente, je la tiens par le bras avec un sourire ravi. Le temps passe trop vite ma montre, que je voudrais oublier, me rappelle que je vais devoir m’arracher à ce plaisir. Adèle, qui se tient encore bien droite,  me demande de la suivre dans sa chambre. Je retrouve sur la joyeuse tapisserie fleurie  cette touchante galerie de portraits d’ancêtres  dont de vaillants militaires aux visages virils. Sur la superbe commode en acajou d’époque Empire elle prend  une bourse en velours brodé, en tire une broche, un camée d’une grande valeur, la pose dans ma main avec, en cadeau supplémentaire, un regard lumineux. Ravie, j’accroche immédiatement  le bijousur le revers de ma veste en la remerciant, les larmes aux yeux.
 J’appelle à regret les enfants, désolés comme moi, de partir si vite.


Marché super

A la caisse d'un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats.
La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l'écologie et lui dit :
"Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique.
Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes
les ressources ! "
La vieille femme s'excuse auprès de la caissière et explique :
"-Je suis désolée, il n'y avait pas de mouvement écologiste de mon temps."
Alors qu'elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute :
- "Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos dépens.
C'est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l'environnement dans votre temps.
Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer :
- A cette époque on retournait les bouteilles de verre.
Le magasin les renvoyait à l'usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau.
Les bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.
Elle ajoute :
- De mon temps, on montait l'escalier à pied : on n'avait pas d'escaliers roulants et peu d'ascenseurs.
On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu'il fallait se déplacer de deux rues : on marchait jusqu'à l'épicerie du coin.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On ne connaissait pas les couches jetables : on lavait les couches des bébés.
On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde
On avait un réveil qu'on remontait le soir.
Dans la cuisine, on s'activait pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu'EDF en produit.
Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boites ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.
On n'avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou auto-portées :
On utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon.
On travaillait physiquement ; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
On buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif.
On n'utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter.
On remplissait les stylos dans une bouteille d'encre au lieu d'acheter un nouveau stylo.
On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l'école à vélo ou à pied au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24 H sur 24.
Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille- crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rue.
Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologique !
On n'avait qu'une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d'aujourd'hui.
Tout ce qu'on regrette, c'est de ne pas avoir eu assez tôt la pilule, pour éviter d'engendrer la génération des jeunes cons comme vous, qui s'imagine avoir tout inventé, à commencer par le travail, qui ne savent pas écrire 10 lignes sans faire 20 fautes d'orthographe, qui n'ont jamais ouvert un bouquin autre que des bandes dessinées, qui ne savent pas qui a écrit le Boléro de Ravel… (pensent même que c'est un grand couturier), qui ne savent pas mieux où passe le Danube quand on leur propose Vienne ou Athènes, etc. mais qui croient tout de même pouvoir donner des leçons aux autres, du haut de leur ignorance crasse !"

Historiette qui permet de se réjouir à propos des européennes  de l'avancée spectaculaire des Verts !


mardi 28 mai 2019

Dumbo

                                              Le véritable éléphant volant


                             Le Botswana a de nouveau autorisé la chasse à l'éléphant.
                            Comment croire à la sauvegarde des espèces ?
                            Nous allons droit dans le mur.

dimanche 26 mai 2019

Il est parti...

... le tendre Nilda.

Au fur et à mesure de la disparition discrètes des artistes ces derniers temps je pense à la démesure des obsèques de Johnny Hallyday qui font  injustement de toutes les autres des non événements.

Ah, l'amour !


vendredi 24 mai 2019

Bizarre


Vous devez essayer , cela vous prendra 2 secondes. Je ne pouvais pas le croire moi-même!
C'est un exercice proposé par un chirurgien orthopédique…
Cela effrayera votre esprit et vous voudrez le refaire encore et encore pour éviter que votre pied ne se dirige dans la mauvaise direction, mais cela ne marche pas.
Il est préprogrammé dans votre cerveau.
Voici l'exercice :
1. pendant que vous êtes assis derrière votre ordinateur, soulevez votre pied droit du sol et faites des cercles dans le sens des aiguilles d'une montre.
2. Et maintenant, alors que votre pied est encore occupé à tourner, dessinez le chiffre 6 avec votre main droite et regardez là, votre pied changera de direction…
Je vous l'ai dit! Et vous ne pouvez rien y faire!
Vous et moi savons à quel point c'est stupide, mais avant la fin de la journée, vous continuerez à essayer sans résultat ... si vous ne vous êtes pas déjà arrêté.

jeudi 23 mai 2019

Thèmes actuels....

A l'épreuve de philo on demande aux lycéens de faire une dissertations sur le sujet suivant:
-Religion, sexualité et mystère.
Une seule copie  obtient 20/20 :
- Mon Dieu, je suis enceinte, mais de qui ?

lundi 20 mai 2019

Voyage dans le Far West...










                               D'Irun...





A...        


        Etretat

samedi 18 mai 2019

Avant qu'il disparaisse...


                                            Saluons le desman des Pyrénées.

vendredi 17 mai 2019

Tête à tête




Mais où ai-je la tête ? Mes mains fébriles, tentacules galopantes, tâtent mon crâne et,
face au miroir embué qui reflète ma tête de dehors, une voix sarcastique voire sadique
me répond
- «  Oh, toi ce que tu peux  m'agacer ! Tu devrais mettre un peu de plomb dans ta cervelle. Où est donc ton problème ?
Ma tête de dedans, toujours en vadrouille, qu'il pleuve ou qu'il vente, souvent en patrouille, un peu prise en défaut avoue :
- «  je cherche mes lunettes « 
Il faut dire que celles-ci, dés que je lâche le lien qui nous unit,  s’envolent, papillon volage,folâtre, ivre de liberté. Sous le coussin dodu du canapé, elles replient leurs branches ailées et s'endorment bercées par le ronron de la télé. Papillon de nuit, lovées sur le livre qu'elles butinent à mon insu, elles racontent des histoires à mon grimoire.
Depuis longtemps elles ne sont plus chrysalides mais  un peu perfides, elles jouent à cache-cache  dans le vide-poche de la voiture comme si je les envoyais balader.
Mais quelle idée ! C'est dire si mes lunettes sont insupportables. Les yeux de mes yeux regardent ailleurs. Quelle trahison ! Pourtant, quand elles sont bien lunées, mes lunettes me font voir la vie en clair sur le papier.
Ma tête de dehors fait une drôle de tête ; elle est dubitative, un peu inquiète et de me dire sans ambages:
- «  Ah, si tu voyais ta tête,  les lunettes que tu cherches sont sur ton nez »
Vexée, ma tête de dedans ne rit qu'à moitié, l'autre, ma tête de dehors, décontractée,  devant une telle énormité, se tait.
Alors, sans perdre la face, ma tête de dedans soudain hilare, réplique :
- " Si je comprends bien, tu te payes ma tête »
Mais non, mais non rétorque-t-elle perfidement, ta tête a trop de valeur pour que quiconque songe à l'acheter.
Mes  deux têtes éclatent de rire, réunies, indulgentes, et complices s'apprêtent à se payer la tête de quelqu'un d'autre.