Ce 19 octobre 1918 il avait 18 ans et un jour.
L'âge où on pouvait s'engager. Son père , ses trois frères aînés étaient en guerre depuis quatre ans.
La mère restée seule avec ses cinq filles; aucune aide, aucune allocation...
Pourtant il n'a pas hésité à laisser ces femmes qui n'avaient plus que lui.
La patrie l'appelait, il devait participer à la lutte salvatrice.
Envoyé immédiatement au front dans la tuerie ultime.
Enterré vivant par un obus,sauvé par miracle mais aveugle et avec un poumon brûlé par le gaz ypérite.
Il a vécu, marqué à jamais dans son corps et dans son esprit par cette tragédie .
Il n'en parlait jamais. Parfois seulement, il citait comme comble de l'horreur imbécile, ce camarade très cher tué le 12 novembre, alors que l'annonce de l'armistice n'était pas encore parvenue en première ligne.
Ils avançaient en toute conscience vers leur terrible destin.
Un sens du devoir inimaginable les animaient, c'était pour nous, nés ou à naitre qu'ils se battaient.
Ne l’oublions jamais.





