lundi 9 décembre 2013

Vive les mathématiques !


                                                 Cicéron c'est Poincaré
                                                          C.Q.F.D.

vendredi 6 décembre 2013

Thriller.







- Pas la peine de sortir deux voitures je passe te prendre me téléphone mon amie Michèlle…
A dix sept heures, exacte comme un coucou suisse mon amie se gare devant le portail.
Ma vie sans problèmes n’étant plus qu’un vague souvenir, je me livre au cérémonial d’abandon momentané du prince Igor (d’Hossegor).
Je l’installe dans la véranda, porte ouverte sur le jardin récemment grillagé à son intention. Je lui explique avec moultes caresses, qu’il doit rester sage, que je vais revenir vite et malgré son air absent, je le laisse, persuadée que son « acquis dans le langage » lui a permis de me comprendre parfaitement.
Bien, nous voilà parties pour la conférence musicale donnée à la fac par notre talentueux ami Henri V à propos de Charles Trenet. Nous rentrons au crépuscule chantant à tue-tête les  refrains les plus entrainants de l’artiste. En arrivant devant chez moi je suis effarée de voir se dresser devant la voiture, dans la lueur des codes, mon voisin, un grand malade qui sort très peu et seulement de jour… quand il fait beau, se dresser devant le capot, bras en croix comme à Tian’ Anmen. Avant que Michelle coupe le moteur, au moment où je descends inquiète, le brave me hurle comme un mari jaloux :
- Où étiez-vous ?                     Je lui réponds, poliment interloquée, avec une folle envie de rire :
- Je suis allée avec mon amie à une conférence et suis sortie durant  deux heures. Je m’aperçois alors qu’il n’est pas seul mais entouré d’un groupe formé de mes plus proches voisins, avec lesquels  j’ai d’habitude, des relations d’une courtoise indifférence. Là, je les vois inquiets. On me raconte :
- Votre chien s’est échappé sous la pluie battante. Une dame amie des bêtes l’a recueilli sur la route où il slalomait au milieu de la circulation et l’a amené chez un vétérinaire. Grâce au tatouage la dame a eu vos coordonnées et vous a téléphoné. Ennuyée par ces appels sans réponse elle s’est rendue dans le quartier et frappé à une porte . Nous avons alors constaté que votre voiture était garée sur  trottoir. Nous avons pénétré dans le jardin, puis la véranda et avons constaté que la porte d’entrée était fermée . Inquiets nous avons sonné, frappé, retéléphoné, en vain. Vous êtes inconsciente, quand on vit seule on laisse à un voisin un double des clés et les coordonnées de quelqu’un à avertir en cas de difficulté ! Vous rien ! On a envoyé les plus agiles faire le tour par les jardins de derrière, ils ont constaté que les volets étaient fermés…
Mon bon voisin, ancien maire, reprend la parole :
- Alors nous avons pensé qu’il vous était arrivé un problème et j’ai appelé police secours. Oh ! J’allais oublier de les rappeler pour annuler :  ils m’avaient assuré que la patrouille était en route...
Au fur et à mesure que je les écoutais mon court fou- rire avait laissé la place à une vague de tendresse et dans un élan de reconnaissance  je me suis jetée au cou de chacun.
La dame qui avait sauvé Igor, ayant laissé son numéro quelqu’un l’a appelée, j’étais encore un peu K.O  quand venant de l’autre bout du canton elle m’a ramené le fugueur. Encore des embrassades.
Rentrés au calme et à l’abri mon  catastrophique compagnon et moi avons épongé de conserve notre traumatisme. Igor sur mes genoux inerte comme un vieux gant de toilette, moi le cœur remué par la  bonté de tous ces  gens.
Au matin le bestiau sautillait de nouveau, guilleret, entre ses crottes fin prêt pour une nouvelle série de bêtises. Moi, je faisais du porte à porte avec champagne et chocolats et surtout remerciements sincères .
J’ai fait des essais et constaté que sous cette épaisse bourre de poils Igor a la stature athlétique d’un rat moyen. Grillage à refaire. 
Je l’avais dit que je ne voulais pas de chien.
Quand même, merci Igor !


Au pays du ruggebie.



Félix et Victor, 70 ans tous les deux, ont été amis toute leur vie. Victor est à l’article de la mort et Félix lui rend visite tous les jours.
Un jour, Félix lui dit : « Victor, toi et moi avons aimé le rugby toute notre vie. Nous avons joué ensemble chaque samedi pendant de nombreuses années. Je voudrais que tu me rendes un service quand tu seras au Ciel. Débrouille-toi pour me faire savoir si on joue au rugby là-haut.
De son lit de mort, Victor s
’adresse à son ami :
 - Félix, tu as été mon meilleur ami pendant toutes ces années. Je te rendrai ce service si je le peux.
Quelques instants après Victor quitte ce monde.
Deux jours plus tard, à minuit, Félix est réveillé dans son sommeil par une lumière blanche aveuglante. Une voix lui dit :
 - Félix, Félix !
 - Qui est-ce ? demande Félix affolé, assis sur son lit.
 - C
’est moi Victor.
 - C
’est impossible, Victor vient de mourir !
 - Je te dis que c
’est moi Victor !
 - Victor ! Mais où es-tu ?
 - Au ciel. J
’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t'annoncer.
 - Vas-y, commence par la bonne, demande Félix.
 - Eh bien, la bonne, c
’est qu’on joue bien au rugby au Ciel. Mieux, tous nos vieux potes qui sont morts avant nous sont ici aussi ! Encore mieux, on a tous retrouvé notre jeunesse ! La meilleure de toutes, c’est que c’est toujours le printemps, pas de pluie, pas de neige ! Et cerise sur le gâteau, on peut jouer autant qu’on veut, on n’est jamais fatigués !!!
 - C
’est fantastique ! répond Félix. C’est encore mieux que ce que j’avais espéré ! Mais la mauvaise nouvelle, c’est quoi ?
 - T'es sur la feuille de match de samedi !

jeudi 5 décembre 2013

Le jeudi c'est Mécanique.

Moteur rotatif.

Cylindre à plat.
Chargement du canon.

Machine à coudre

Mouvement Croix de Malte.

Moteur radial d'aviation.






Boîte de vitesse.

En 1912, le mondialement fameux gynécologue Autrichien, Dr Hermann Otto Kloepneckler. M.D. Ph.D. publiait le texte qui suit :
 "La meilleure machine du monde est le vagin.
  • Il peut démarrer d'un doigt.
  • Il est autolubrifiant.
  • Il admet toutes les tailles de piston.
  • Il change son propre niveau d'huile chaque quatre semaines.
 Il est vraiment dommage qu'il soit si capricieux et cher à l'entretien. »

lundi 2 décembre 2013

Conversation avec Cora -4-




- Une grand mère en amène une autre ; veux tu que je te parle de la mère de ma mère ? Eugénie. Elle disait : comme l’impératrice …
- Elle a eu elle aussi beaucoup d’enfants ?
- Seulement six.  Les deux « du milieu » sont décédés petits,  ont vécu les deux aînés et les deux derniers de vingt ans plus jeunes. Cette différence d’âge a été une bénédiction pour ma grand-mère, les plus âgés ayant pratiquement élevé les petits, laissant à Eugénie la possibilité de travailler plus de quinze heures par jour.
- Savez-vous de quoi sont décédés ses enfants ?
- Pas la moindre idée, c’était à la fin des années 1800 et comment pourrions-nous réaliser l’état sanitaire de l’époque. Avec de mauvaises conditions d’hygiène, l’inexistence des vaccins la mortalité infantile était effrayante. La moindre bronchite devenait mortelle et que dire de la diphtérie, le terrible croup, la tuberculose et la poliomyélite. Moi même, enfant, j’ai vu beaucoup de rescapés de cette maladie se trainer à vie avec des membres atrophiés.
J’ai souvent été confiée à Génie à qui je vouais une véritable adoration.
- Comment était-elle ?
- Intelligente, gaie, physiquement tout petite et menue avec une silhouette restée très jeune:
- Figure toi, disait-elle gaiement qu’on me suit encore dans la rue, mais si tu voyais la tête du suiveur quand il me voit de face ! Non seulement elle n’avait jamais été jolie mais les années et les épreuves avaient profondément marqué son visage. Moralement je n’ai jamais rencontré quelqu‘un de meilleur qu’elle. Pauvre comme tu ne peux l’imaginer elle aidait et soutenait plus malheureux qu’elle. Tiens un exemple : notre voisine que je ne connaissais que sous le nom de Marie- Bonbon passait presque tous les soirs. Elle vivait dans une partie désaffectée d’un garage à calèches et possédait pour tout  bien une casserole à fondre le sucre et une plaque de marbre sur laquelle elle torsadait et coupait les berlingots multicolores qu’elle allait  vendre sur une planchette de bois suspendue à son cou en marchant dans les rues. Comment faisait-elle pour être toujours aussi propre avec sa longue robe de toile et son vaste tablier bleu bien plissé ?
- Bonsoir Génie disait-elle comment allez-vous ?
- Asseyez vous Marie, vous prendrez bien la soupe avec nous.
- Merci Génie, mentait-elle,  j’ai déjà mangé, mais par gourmandise je gouterai bien un peu de votre garbure.
 Elle n’était pas la seule à partager le frugal dîner. Souvent mon grand père qui se disait peintre-philosophe (ce qui lui permettait de laisser à sa femme la charge matérielle du foyer) ramenait quelque « trimardier » ou « compagnon » sans emploi, on dirait maintenant un S.D.F… amateur comme lui de vin blanc et d’utopiques conversations de comptoir. Excuse- moi je mélange un peu tout.
- Si vous voulez bien revenons à votre grand-mère ;
- Oui, il n’y avait qu’un médecin dans cette petite ville et pas d’infirmière aussi le toubib avait initié Génie à toutes sortes de soins en particulier les piqûres. Elle s’occupait des vivants puis de la toilette des morts quand  les patients «  avaient passé l’arme à gauche ». Ne crois pas, petite, que ces pauvres gens étaient des brutes insensibles mais la mort était alors naturellement  dans la vie. Ce qui faisait principalement vivre la famille c’étaient les talents de cuisinière de Génie et des conserves qu’elle fabriquait avec les légumes et les fruits du jardin l’été et les foies d’oie l’hiver. Je me souviens en particulier qu’elle m’amenait au « marché au gras » .Nous nous arrêtions à l’étal du marchand de biscuits en vrac et j’avais droit à une demi douzaine de coques légères  qui craquaient sous la dent libérant  une atroce lie de confiture qui faisait mon régal. Pendant que je suçotais béate ces horreurs, elle choisissait les plus beaux foies d’oie. Elle réservait les pointes des lobes mettait le foie préalablement trempé dans l’armagnac et bien assaisonné dans des boites en fer qu’elle portait sur sa brouette au sertisseur avant de les faire bouillir dans cette énorme bassine que nous avions du mal à porter sur la cuisinière. Je me souviens du ronflement du feu  poussé à blanc de la buée épaisse où nous évoluions pendant des heures. Les clientes fidèles venaient chercher leurs boites d’année en année.
- Miam ! Et les petits morceaux réservés ?
-Pour les fêtes de famille Génie entourait  chacun d ‘un blanc de dinde, en garnissait une boîte qui ne coûtait rien. Ce délice se conservait longtemps et je me souviens  des tranches délicieuses qu’on nous servait, le foie et le blanc se bonifiant l’un l’autre. C’est curieux comme avec l’âge toutes les sensations éprouvées enfant reviennent en mémoire. J’arrivais au niveau de la poche du tablier de ma grand-mère et plongeais mon nez dans le méli-mélo de persil, thym, laurier, ciboulette,échalote, cueilli chaque jour dans le grand jardin. Elle  le cultivait seule, s’y « décarcassait » disait-elle, avec raison, j’imaginais le sens atroce de ce mot que j’ai depuis en horreur. Et le fumet de la sauce de cèpes au vin rouge, l’odeur  moelleuse du pain perdu, la gourmandise du dimanche, et la broye, cette sorte de polenta bourrative ! Et le parfum des fleurs ! il y avait des bouquets dans toutes les pièces en particulier quand le mimosa de la tonnelle et les « vendangeuses » étaient en fleur…L’arôme du café que j’écrasais dans le moulin de bois dont les coins meurtrissaient mes cuisses maigres, le parfum de miel de la cire que je devais passer tous les jeudis sur l’escalier de chêne …
 Il y  avait aussi la puanteur de la cabane au fond de la cour, pudiquement recouverte de vigne vierge, et bruissante de mouches à la belle saison.
Bon- J’attends mes copines pour le scrabble, à bientôt, mignonne.

dimanche 1 décembre 2013

Défifoto du Ier décembre:Tentation.







            ...De se jeter du haut du pont dans l'eau si calme








quand dans la vie le gris domine.