mercredi 1 mai 2019
mardi 30 avril 2019
lundi 29 avril 2019
samedi 27 avril 2019
"La conjuration des imbéciles"
Le roman du roman.
L’éditeur avait reçu à contre cœur cette mère portant le
manuscrit de son fils, un volumineux
gribouillis illisible qu’elle déclarait « exceptionnel » .
Une mère,évidemment !
Son récit tournait au drame quand elle apprit à l’éditeur que
son fils s’était suicidé en 1969 à trente deux ans pour la seule raison
que pas un seul éditeur ne s’était aventuré à la publication de son ouvrage !
Apitoyé, résigné l’éditeur ne l’était pas resté longtemps, de plus en
plus enthousiasmé par la lecture de cet étrange
monument ! Écrit au début des années 1960
le livre sera donc édité
seulement en 1980 il connut un grand succès et fut couronné par le prix
Pulitzer en 1981.
« La conjuration des imbéciles » de John Kennedy
Toole a pour anti héros une sorte de Don Quichotte adipeux et hypocondriaque, espèce de Hardy aussi râleur
que Laurel, accroché à sa mère qu’il rabaisse méchamment. Entouré d’un petit
monde grouillant qui ne pense qu’à survivre de petits boulots en
mini-escroqueries dans la moiteur étouffante du bayou, il fustige, en paroles
méchantes, tout et tous. Qu’il soit en chemise de nuit plus que douteuse ou au
cinéma se goinfrant de popcorns il manifeste un mépris cinglant
contre Freud, les homosexuels, les hétérosexuels, les travestis, les noirs, la
vie moderne… enfin le monde entier résumé dans le microcosme sordide des bas
quartiers de la Nouvelle Orléans.
Cette gargantuesque tragi-comédie qui met en scène une multitude de personnages
qu’on dirait extraits d’un de ces
dessins foisonnants de Dubout est parcourue des fulgurances philosophiques d’un
moraliste impuissant. Cette grosse farce jubilatoire n’est
pas dépourvue d’un humanisme un peu
pervers qui fait que le rire anime toute cette originale philosophie.
J.K Toole avait placé en tête de son livre cette citation
de Swift :
« Quand
un vrai génie apparait en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que
les imbéciles sont tous ligués contre lui. »
vendredi 26 avril 2019
Mobiles
Dans un camp d'entraînement militaire deux nouvelles recrues discutent :
-Pourquoi tu t'es engagé dans l'armée, toi ?
-Parce que je suis célibataire et que j'aime la guerre. Et toi ?
-Moi je suis marié et je voulais la paix. !
-Pourquoi tu t'es engagé dans l'armée, toi ?
-Parce que je suis célibataire et que j'aime la guerre. Et toi ?
-Moi je suis marié et je voulais la paix. !
mercredi 24 avril 2019
mardi 23 avril 2019
Conversation-39-avec Cora
_ Bonjour, Cora, vous voilà
plongée dans un album de photos.
-Regarde celle là avec ces deux
nigauds au garde à vous le regard perdu après la cérémonie des fiançailles qui
les liait pour quatre ans ! C’était ainsi à l’époque il fallait que le
jeune homme ait un travail et soit capable de nourrir une famille avant de se
marier. Mon fiancé avait intégré les Arts et Métiers et je devais l’attendre quatre ans chaste et patiente !
- C’était dingue !
- A qui le dis-tu ! C’est
alors que j’ai décidé, pour être en harmonie avec lui, de faire des études
scientifiques. Me voilà à Bordeaux inscrite en M.S.T (mathématiques, sciences
et techniques) à la Faculté de Sciences qui se trouvait où est l’actuel Musée
d’Aquitaine. Il existait alors trois bacs : Lettres, Sciences et Maths.
Avec mon bac sciences, un peu court en
maths c’était une gageure et j’avais passé l’année le nez dans les bouquins. Pour
que ma préparation soit plus poussée je m’étais inscrite au concours d’entrée
de l’Ecole de Radio Electricité. (Je pense qu’elle a du évoluer avec une
appellation plus glamour !). Je te raconte tout cela pour que tu réalises
ce que vivaient les femmes au milieu du vingtième siècle…Bon, j’avais décroché
le diplôme de M.S.T et fait fièrement partie des seize qui avaient réussi le
concours d’entrée à l’école d’ingénieurs.
-Bravo, de quoi vous plaignez
vous ?
_ Le lendemain de la publication
des résultats j’avais été appelée chez le directeur de l’’Ecole, monsieur Cau,
dont la rumeur disait qu’il était un génie. La tragédie de Malpasset était
toute récente…
-De quoi s’agissait-il ?
- De la rupture d’un barrage qui
avait provoqué une inondation meurtrière dans la vallée jusqu’à Fréjus, plus de
quatre cents morts, des villages entiers engloutis. Et bien, souviens toi qu’il
n’y avait pas alors d’ordinateurs, c’est à monsieur Cau qu’avait été confié les
calculs de reconstruction du barrage. Nous étions éperdus d’admiration d’avoir
un Directeur si prestigieux. Je ne l’avais jamais vu.
-Me voila debout devant son bureau,
lui assis derrière avec sur le nez une paire de ces toutes nouvelles demi lunettes.
- Ah vous voila,
« la » fille au milieu de quinze garçons un vrai problème pour moi, pour vous aussi les quatre années qui vous attendent
seront très dures vous n’arriverez pas au bout. Depuis trente ans que l’Ecole
existe il n’y a eu qu’une fille et, me toisant par dessus ses lunettes, quand
je vous regarde je me demande si c’était bien une fille !!!!! Le
salaud !
J’ai donc démissionné et comme
je te l’ai raconté entrepris des études de droit.
- Tout de même il y a encore
fort à faire, mais à votre époque ce n’était vraiment pas facile.
- Tu veux bien ranger ces
photos, je ne suis pas nostalgique surtout de ma jeunesse. Passe-moi plutôt
l’album de mes petits enfants, qui me font vivre par procuration, que je me
régale de leurs frais minois !
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